IMEON choisit de relocaliser sa production

Alors qu'elle sous-traitait jusqu’à présent la fabrication de ses cartes électroniques en Asie, la startup brestoise Imeon, spécialisée dans la gestion et le stockage de l’énergie solaire, prévoit de relocaliser sa production en Bretagne d’ici la fin de l’année.

«Nous proposons des algorithmes qui étudient et s’adaptent aux comportements de l’utilisateur, et qui permettent une augmentation du rendement de l’ordre de 30%», entame Christophe Goasguen, dirigeant et fondateur d’Imeon (15 salariés, C.A. N.C.). Spécialisée dans la fabrication d’onduleurs permettant de gérer et de stocker l’énergie photovoltaïque, Imeon vient de présenter sa dernière innovation en avant-première au salon international de l’industrie solaire, cet été à Munich. Une technologie "smart grid" destinée au grand public, mais qu’Imeon a commencé à décliner pour l’industrie. 

Nouvelles cibles, nouveaux locaux
«On travaille actuellement sur des modèles qui peuvent convenir à des exploitations agricoles ou des usine de taille moyenne : ils devraient être opérationnels d’ici un ou deux ans», détaille celui qui a multiplié par deux son volume d’activité pour la quatrième année consécutive. Une montée en puissance qui demande des moyens supplémentaires : «nous avons déménagé cet été à Keraudren, dans des locaux plus spacieux (350m² contre 150 au Technopôle, NDLR), et prévoyons d’embaucher dans les années à venir pour arriver à 35 personnes d’ici trois ans », poursuit Christophe Goasguen, qui réalise 90% de son chiffre d’affaires à l’export. 

Relocaliser pour l’emploi et la maîtrise de la production
Et ce n’est pas le seul changement de taille à l’horizon. «Nous prévoyons aussi de relocaliser l’ensemble de notre production localement d’ici la fin de l’année», confie le dirigeant. Les raisons d’une telle décision? «L’emploi, pour commencer, mais aussi le fait de bénéficier de davantage de flexibilité et de souplesse dans la production, plutôt que de faire des choses à droite ou à gauche et d’attendre qu’elles traversent le monde». Quid de l’impact sur le coût final? «Les deltas ne sont pas très importants car la progression de notre volume d’activité nous permet désormais d’avoir un levier sur nos prix d’achat», argumente-t-il. «Il faut dire, au passage, qu’en France, une entreprise qui commande 10 cartes électroniques aura beaucoup de mal à trouver un fournisseur qui la prenne au sérieux, tandis que quasiment partout ailleurs dans le monde, les fournisseurs acceptent en espérant avoir des commandes plus importantes dans le futur». 

Solaire contre nucléaire : «le marché est en train de basculer»
Un futur sur lequel Imeon mise plus que jamais : « on n’en est encore à l’âge de pierre en matière d’énergie solaire. Avec le développement de ce genre de technologies, le solaire est d’ores et déjà plus rentable que le nucléaire dans bon nombre de pays. Et en France, il devrait talonner celui du nucléaire d’ici cinq ans : le marché est réellement en train de basculer!», sourit-il. Affaire à suivre...

LE JOURNAL DES ENTREPRISES - LUNDI 5 SEPTEMBRE 2016